Quest-ce que la compétence en matière politique? Les acteurs de lInternet, par philosophie ou par appât du gain, se sont opposés à toute régulation au nom de la liberté. Avec la révolution numérique, il sest de nouveau posé léternelle question : peut-il y avoir de liberté sans contrainte? Dans tous les cas, ce cyberespace est rapidement devenu un Far-West. Sur Internet, au nom de la liberté On appelle théorie queer la possibilité de repenser les identités en dehors des cadres normatifs de la sexualité W. James, Principles of Psychology, T. I, Holt, 1904.
Peut-on concevoir lexistence dun sentiment religieux, si Dieu nexiste pas? Lidée de progrès peut-elle servir à interpréter lhistoire? Isangrin bondit sur ses pieds : il est encore gonflé de colère, parce quil veut obtenir de Renart un serment conforme aux termes du jugement que les barons ont rendu en vue de lui faire expier son crime. Il sapproche du roi et lui dit : Sire roi, ne soyez pas fâché si je dépose plainte à nouveau contre Renart. Vos barons avaient énoncé un jugement selon lequel il devait se justifier auprès de moi par serment de ladultère quon la accusé davoir commis avec mon épouse, ce dont elle a été très sévèrement blâmée. Ce dont je me plains, cest quil est allé se dissimuler dans ma tanière, quil a battu mes louveteaux et leur a pissé dessus, sans quaucun deux puisse jamais se venger de lui. Ce que nous savons en toute certitude, cest quil est venu jusquau lieu du serment. Peut-être simaginait-il que laffection que je lui portais irait jusquà lui accorder le pardon. Lorsquil se rendit compte quil ne pourrait y échapper, il sut bien vite se mettre hors de portée, et il senfuit se réfugier dans sa demeure. Tous les barons ici présents savent bien quils ne pourraient approuver sa conduite, à moins de se déjuger entièrement. Faites donc justice pour moi de ce forfait, faites en sorte de gagner ma reconnaissance. Il est juste quil reçoive ce quil a voulu obtenir. Mais peut-être Renart est-il assez rusé, même sil ne cherche pas querelle, pour prétendre faussement que jamais il na cherché à trahir. Cependant, je maintiens mon accusation pour tout ce que jai déclaré. Par le Seigneur qui demeure là-haut, jagirai en tout point ainsi quon le voudra, selon ce quen décidera la cour. Je men rapporte à son jugement, pourvu quelle le rende loyalement. Il parlera pour toi au peuple ; il te servira de bouche, et tu tiendras pour lui la place de Dieu Il imagine que la rencontre des deux mondes aurait pu avoir une forme différente européens et américains pour Montaigne, accepter laltérité de létranger, la diversité de ses usages implique que lon ne juge pas les différences. Montaigne conseille de frotter et limer sa cervelle contre celle dautrui. Les essais, III, 9 quon peut observer, cest la corrélation dans notre propre PS : Gilbert Romeyer Dherbey parle de lui dans un Que Sais Je tres bien fait sur les sophistes grecs 5 Cf. Colin M. Morris, The Discovery of the Individual, 10501200, Londres, S.P.C.K. For the Church H On ne désire en réalité quune chose : le bonheur. Toute chose quon désire autrement quà titre de moyen conduisant à quelque but éloigné, et en définitive au bonheur, est désirée comme une partie même du bonheur et nest pas désirée pour elle-même tant quelle nest pas devenue une partie du bonheur. Ceux qui désirent la vertu pour elle-même la désirent, soit parce que la conscience de la posséder est un plaisir, soit parce que la conscience den être dépourvu est une peine, soit pour les deux raisons réunies ; car, à vrai dire, le plaisir et la peine en ce cas existent rarement séparés, mais se présentent presque toujours ensemble, la même personne éprouvant le plaisir davoir atteint un certain degré de vertu et la peine de ne pas sêtre élevé plus haut. Si elle néprouvait ni ce plaisir, ni cette peine, cest quelle naimerait pas ou ne désirerait pas la vertu, ou la désirerait seulement pour les autres avantages quelle pourrait lui apporter, soit à elle-même, soit aux personnes auxquelles elle tient. Est-ce parce quils sont ignorants que les hommes ont des croyances? b quel lien J.S. Mill fait-il entre lexpérience et les traditions et les coutumes?
La satisfaction des besoins économiques est-elle un obstacle à la défense des valeurs morales?
Prenons maintenant un exemple où apparaissent une volonté droite, cest-à-dire juste, la liberté du choix et le choix lui-même ; et aussi la façon dont la volonté droite, tentée dabandonner la rectitude, la conserve par un libre choix. Quelquun veut du fond du cœur servir la vérité parce quil comprend quil est droit daimer la vérité. Cette personne a, certes, la volonté droite et la rectitude de la volonté ; mais la volonté est une chose, la rectitude qui la rend droite en est une autre. Arrive une autre personne la menaçant de mort si elle ne ment. Voyons maintenant le choix qui se présente de sacrifier la vie pour la rectitude de la volonté ou la rectitude pour la vie. Ce choix, quon peut aussi appeler jugement, est libre, puisque la raison qui perçoit la rectitude enseigne que cette rectitude doit être observée par amour de la rectitude elle-même, que tout ce qui est allégué pour son abandon doit être méprisé et que cest à la volonté de repousser et de choisir selon les données de lintelligence rationnelle ; cest dans ce but principalement, en effet, quont été données à la créature raisonnable la volonté et la raison. Cest pourquoi ce choix de la volonté pour abandonner cette rectitude nest soumis à aucune nécessité bien quil soit combattu par la difficulté née de la pensée de la mort. Quoiquil soit nécessaire, en effet, dabandonner soit la vie, soit la rectitude, aucune nécessité ne détermine cependant ce qui est conservé ou abandonné. La seule volonté détermine ici ce qui est gardé et la force de la nécessité ne fait rien là où le seul choix de la volonté opère. La conscience immédiate de soi est-elle connaissance de soi? Dans le meilleur des cas, ce fonctionnement donnera naissance à une sorte de perversification du lien à lautre, et au cadre, perversification qui suppose déjà une forme dorganisation mentale ou sein de laquelle la castration bien que déniée a traversé l espace psychique du sujet. Tout comme les personnages de Huis clos, Idriss se trouve toujours à la merci du regard des Autres et de leurs jugements aliénants. Cette dépossession de soi-même commence avec la rencontre de la touriste française, puisquil reçoit alors ce que Michel Tournier appelle le coup de lance daliénation Tournier, 1975, 392. Or, la crise dIdriss est beaucoup plus complexe que celle des trois damnés de Huis clos, car à la différence deux, il se maintient exclusivement dans cette position d objet du regard et du désir de lAutre Mireille Rosello, 1988, 88 ou, pour reprendre la terminologie sartrienne, den-soi constamment néantisé par le pour-soi occidental. Il ne prend pas la relève, et incapable de se voir ni de voir les Autres, il ne tient jamais le rôle du pour-soi. Dans tous ses rapports avec le monde occidental, Idriss se montre comme un en-soi qui na conscience ni du monde extérieur, ni de lui-même. Sa liberté est entièrement contredite par celle des Autres qui à force de le regarder et de le juger, finissent par le figer et le réduire à létat dobjetsupport de leurs désirs et de leurs obsessions. En effet, tout au long de son expérience migratoire, Idriss fait la connaissance de personnages qui veulent lemprisonner dans une identité qui ne lui appartient pas, dans une peau qui nest pas la sienne : la peau de lhomme sauvage primitif au musée saharien de Béni Abbas, la peau dun mort avec la vieille Lalla Ramirez, la peau du petit prince du Sahara avec Monsieur Mage, et le comble une peau de plâtre avec Monsieur Bonami. Son moi saltère, devient polymorphe, et son identité se décompose et se multiplie en une infinité de représentations déformées, caricaturales, figées et stéréotypées. Sa dimension humaine se trouve réduite à ce que Sartre appelle le pour-autrui. Tout vouloir procède dun besoin, cest-à-dire dune privation, cest-à-dire dune souffrance. La satisfaction y met fin ; mais pour un désir qui est satisfait, dix au moins sont contrariés ; de plus, le désir est long, et ses exigences tendent à linfini ; la satisfaction est courte, et elle est parcimonieusement mesurée. Mais ce contentement suprême nest lui-même quapparent ; le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir : le premier est une déception reconnue, le second est une déception non encore reconnue. La satisfaction daucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable. Cest comme laumône quon jette à un mendiant : elle lui sauve aujourdhui la vie pour prolonger sa misère jusquà demain. Tant que notre conscience est remplie par notre volonté, tant que nous sommes asservis à limpulsion du désir, aux espérances et aux craintes continuelles quil fait naître, tant que nous sommes sujets du vouloir, il ny a pour nous ni bonheur durable, ni repos. Poursuivre ou fuir, craindre le malheur ou chercher la jouissance, cest en réalité tout un ; linquiétude dune volonté toujours exigeante, sous quelque forme quelle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience ; or sans repos le véritable bonheur est impossible.